On a longtemps reproché aux pays industrialisés de gérer les affaires du monde entre eux. Depuis 10 ans pourtant, d'importantes réformes visant à mieux prendre en compte l'évolution du monde ont été engagées.
En 1999, suite aux crises russe et argentine, le G8 s'était élargi au G20, associant 11 nouveaux pays émergents à la gestion des affaires du monde. Il regroupe aujourd'hui les deux tiers de la population mondiale, 85% du commerce et 90% du produit mondial brut.
La crise de 2008 est venue à son tour rappeler la nécessité d'accélérer les efforts de concertation dans le pilotage de l'économie mondiale. D'ici à 2012, la Chine doublera ses quotas et ses droits de vote au Fonds Monétaire International (FMI), ceux du Brésil augmenteront de 58 %, tandis que les droits de vote de l'Inde progresseront de 37 %. Le triplement des voix dites « basses » permettra également une augmentation de 3% des droits de vote de l'Afrique subsaharienne. Au terme de la réforme, les dix premiers actionnaires du Fonds devraient à nouveau réellement représenter les dix premières puissances économiques du monde.
Si l'on ne peut que se féliciter de ces progrès, la gouvernance économique mondiale reste pourtant bien trop imparfaite. L'Afrique notamment, est inévitablement maintenue à l'écart de la gestion des affaires du monde. Un seul pays africain est associé aux travaux du G20 – pour 54 pays africains tout de même – contre 2 à l'Amérique Latine (18 pays), et 7 à l'Asie (51 pays). Au FMI, dont les programmes d'aide s'immiscent pourtant largement dans la souveraineté des Etats, la distorsion de voix est encore plus flagrante ; au jour d'aujourd'hui, l'ensemble des pays africains ne pèsent que 2% des droits de vote de l'institution.
Pour peser dans la gouvernance mondiale et tirer le meilleur parti de la mondialisation, les pays du Sud doivent apprendre à travailler plus étroitement ensemble. D'importantes synergies existent, tant dans l'optimisation de l'environnement économique, fiscal, et monétaire que pour mener à bien des politiques proactives visant à l'amélioration des normes sociales.






